Le plan de vaccination à l'automne 2009 en France
Dans une circulaire du 21 août destinée aux préfets[82], les ministres de l'intérieur et de la santé ont précisé le plan de vaccination débutant le 28 septembre qu'ils qualifient de « réponse sanitaire évolutive exceptionnelle ». Il y est indiqué que le gouvernement a « commandé des doses de vaccins, afin d'être en mesure de proposer, si cela s'avérait nécessaire, à l'ensemble de la population une couverture vaccinale contre le nouveau virus ». La vaccination se ferait sous la forme de deux injections à trois semaines d'intervalle[83].
Le syndicat des infirmières SNPI CFE-CGC estime cependant qu'une vaccination massive contre un virus grippal relativement bénin, présente des risques, du fait d'un vaccin développé trop rapidement, et d'un adjuvant susceptible de déclencher des maladies auto-immunes.[84].
Selon le communiqué du syndicat, le vaccin H1N1 contient 10 fois moins d'antigène afin d'en accélérer la production grâce à la présence de l'adjuvant AS03 (amplificateur d'effet composé de squalène et de polysorbate). Cet adjuvant n'ayant jamais été utilisé auparavant dans un vaccin pourrait déclencher des réactions immunitaires et en particulier augmenter le risque d'effets secondaires graves, comme le syndrome
La grippe A (H1N1), tout comme la grippe saisonnière, peut, dans de rare cas, entrainer la mort des malades, par trois mécanismes différents.
Le premier est la mort par surinfection bactérienne, devenue rare dans les pays développés en raison de l'accessibilité aux traitements antibiotiques.
Le deuxième est une infection pulmonaire virale entrainant un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) létal dans 50 % à 60 % des cas.
Le troisième, le plus fréquent, est l'aggravation de maladies préexistantes chez une personne fragile [24].
La mortalité globale de cette grippe A (H1N1) reste faible bien qu'on observe des différences suivant les pays.
Celle des différentes grippes est aussi très largement variable. Elle l'est notamment en fonction des conditions de vie des populations, des types de populations, et des moyens sanitaires des pays dans lesquels ils vivent.
Dans le monde, la grippe saisonnière tue chaque année entre 250 000 et 500 000 personnes[19]. En France, la grippe tue entre 1 500 et 2 000 personnes par an[25] et elle en tue chaque année de l'ordre de 36 000 aux États-Unis[26]. Elle ne tue cependant que la fraction de la population la plus fragile : les personnes âgées, celles atteintes d'affections de longue durée ou les plus jeunes enfants[19]. Ce profil de létalité semble se dessiner pour la grippe A (H1N1) et pour les pays riches. Richard Besser, directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) indique qu'il est : « encourageant de constater que ce virus n'avait pas l'air jusqu'à présent plus sévère qu'une souche de grippe saisonnière[27] ».
Ces signes rassurants ne s'appliquent pas au Mexique. Si les proportions sont de natures différentes de celles des pays riches : 42 morts sur 1 112 cas confirmés au 8 mai 2009, ce n'est pas l'élément le plus inquiétant[19]. Les chiffres sont encore peu fiables, l'OMS indique que la récente croissance est essentiellement due à des biais statistiques et non une réelle évolution de la maladie[19]. Le docteur Richard J. Webby précise : « puisque les symptômes de la grippe A sont les mêmes que ceux d'une grippe saisonnière, cette létalité pourrait simplement refléter des centaines de milliers de personnes infectées qui auraient échappé aux officiels de la santé mexicaine »[28]. Le nombre réel de morts est probablement plus grand et 101 autres décès sont considérés comme suspects[29]. Au Mexique, les personnes gravement touchées ne font pas nécessairement partie de la population la plus fragile[30], cet élément qualitatif laisse penser à un profil de létalité différent de celui des pays riches.
Si, depuis 40 ans, aucun pays riche n'a connu d'épidémie de grippe beaucoup plus létale que celle saisonnière, cet état de fait est différent pour les pays moins médicalisés. L'épidémie de Madagascar de 2002 avait fait 754 morts sur 30 304 cas notifiés[20]. Certaines régions du monde n'ont aucun moyen d'éviter une épidémie si elle se présente, et de soigner efficacement sa population. C'est le cas de la Somalie, ses centres médicaux sont détruits par la guerre civile. Le conseiller du ministre de la santé déclare que « Nous ne sommes pas préparés à gérer la grippe porcine... Que Dieu nous aide si la grippe arrive jusqu'ici[31] ».
Pour ce qui est de l'évaluation totale des cas, Anne Schuchat du CDC évalue le 22 mai à 1 sur 20 le nombre de cas confirmé aux États-Unis, c'est-à-dire 20 malades pour chaque cas confirmé[32]. « En fait, une minorité de cas sont comptés individuellement ». Certains médias rapportent des évaluations avoisinant le million de cas dans ce pays [33],[34].
Ce rapport n'est valable que pour les États-Unis d'Amérique et peut varier grandement d'un pays à l'autre (selon la façon dont sont conduits les tests[35]). C'est ainsi que le professeur John Oxford du Royaume-Uni estime pour sa part à 1 sur 300 les cas confirmés là-bas[36].
Le Brésil, où la grippe porcine a tué 657 personnes (août 2009), est le pays qui compte le plus grand nombre de décès dû au H1N1 dans le monde.[37]
Symptômes
Symptômes de l'infection par le virus de la grippe A(H1N1) (anglais).Cette nouvelle souche de la grippe provoque les mêmes symptômes que la grippe saisonnière[43]:
La période d'incubation est de 24 à 72 heures,
Fièvre brutale et élevée, dépassant 38 °C,
Douleurs musculaires et/ou articulaires,
Fatigue importante,
Douleurs à la gorge et éventuellement maux de tête,
Toux profonde et plutôt sèche,
Congestion et écoulement nasal,
Perte d'appétit,
Dans certains cas, des vomissements et diarrhées.
Les symptômes disparaissent généralement de une semaine à dix jours après leur apparition, mais la fatigue et la toux peuvent parfois persister deux à trois semaines. Le sujet infecté peut être contagieux un jour avant l'apparition des symptômes et le rester pendant sept jours environ.
Morbidité
Structure de l'influenzavirus.La morbidité est liée à la contagion (plus une maladie est contagieuse, plus sa morbidité est forte), mais d'autres facteurs entrent en compte, dont l'état de santé et les conditions d'hygiène de la population (alcoolisme, tabagisme, sous-nutrition), ou encore les précautions prises pour éviter la propagation de la maladie. La morbidité varie beaucoup, selon les grippes ; celle de la grippe A(H1N1) (d'apparition très récente) est source de plus d'interrogations que de réponses précises. Cependant, la connaissance générale des grippes permet quelques éléments de réponse, encore partiels.
La grippe commune (dite « saisonnière ») a une morbidité élevée : elle touche entre 5 % et 15 % de la population.
À l'opposé, la grippe aviaire est peu contagieuse et se propage mal chez les humains. Sur la planète entière, le nombre de personnes touchées s'est chiffré uniquement en centaines sur les quatre dernières années[17]. Plusieurs indices laissent penser que la morbidité de la grippe A(H1N1) est plus proche de la grippe saisonnière que de la grippe aviaire. Le premier d'entre eux provient de l'analyse virologique, elle montre l'existence d'éléments provenant de la grippe porcine[14]. L'histoire nous apprend que les grippes ayant des origines porcines peuvent être contagieuses[18] comme le fut la grippe de Hong-Kong de 1968[19].
Un facteur important dans la dangerosité de ce virus est sa capacité à se déployer sur une partie plus ou moins vaste du monde. Certaines épidémies, même dues à un virus très contagieux, sont restées locales. Ce fut le cas à Madagascar en juillet et août 2002 : une épidémie due à un virus de type A(H3N2). Dans certaines régions, elle a touché jusqu'à 85 % de la population, mais est restée limitée à un espace géographique de quatre des six provinces et n'a pas quitté l'île[20]. Ce caractère local de la grippe n'est pas une généralité, certaines d'entre elles se répandent sur une vaste partie de la planète, dont la grippe A(H1N1).
Parmi les certitudes :
La maladie se transmet d'humain à humain sans nécessairement passer par les animaux[21], et la maladie s'est diffusée dans plusieurs pays différents ;
Sa morbidité reste mal connue, les données statistiques étant encore trop faibles pour tirer des conclusions précises[22] ;
Le virus a semblé plus « dur » en zone de l'hiver austral (ex : au Chili : 3,8 % des cas confirmés par un laboratoire ont nécessité une hospitalisation, et 0,2 % (16 cas) ont abouti au décès du malade ; il y a eu à cette date 16 morts au Mexique entre le 17 mai (1er cas) et la mi-juin 2009, pour 8 160 cas recensés, souvent déclarés au sud (plus froid et pluvieux durant l'hiver austral), et 53 % des malades déclarés étaient des jeunes
